October 15, 2012 | Bill Gates
Europe, 1er jour : Avec Bono, nous défendons l’aide
Me voilà cette semaine en Europe, avec des arrêts à Londres et à Paris. Je fais une partie du voyage avec Bono, pour rencontrer les chefs de gouvernement et les décideurs politiques de pays dont le rôle au niveau de la santé et du travail de développement dans le monde est primordial.
J’étais à Paris mercredi, pour parler de l’importance et de l’efficacité de l’aide internationale. J’étais accompagné à un grand nombre de ces rencontres par Bono, qui a déjà prêté sa voix très efficacement pour défendre l’aide au développement et les besoins des peuples les plus pauvres de la planète.
Visiblement, mes premiers jours en Europe démarraient plutôt bien.
Une bonne partie de la journée a été consacrée à rencontrer de hauts responsables français, dont le nouveau président de la République François Hollande, son ministre des Finances Pierre Moscovici, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius et le nouveau ministre délégué chargé du Développement, Pascal Canfin.
La France joue un rôle critique pour encourager l’Union européenne à maintenir ses engagements envers les programmes d’aide au développement extérieur, particulièrement en cette période de difficultés économiques que connaît l’Europe. Son propre engagement envers l’aide internationale est un formidable exemple pour les autres pays donateurs. Tel était le contexte de nos entrevues.
Le président Hollande a clairement établi que ses engagements envers l’aide restaient inchangés et qu’il prônait à la fois l’efficacité de l’aide internationale effectuée avec soin et le fait que les pays développés ont la responsabilité de travailler avec le monde en développement. La France fait preuve d’un passé remarquable en matière de soutien pour l’Afrique et pour ses efforts d’assistance dans le monde, avec des organisations comme Médecins sans Frontières. Le président a également indiqué comment l’aide pouvait être à la fois bénéfique pour le pays receveur et le pays donateur.
Le ministre des Finances Pierre Moscovici l’a précisé le mois dernier, lorsqu’il a observé que la croissance de l’Europe pour les 20 prochaines années dépendra très fortement de la croissance et du développement de l’Afrique. Donner la chance à tous les Africains de pouvoir connaître un avenir meilleur est une action juste, mais c’est aussi une action intelligente d’un point de vue économique.
Nous avons bien échangé sur la façon d’utiliser au mieux chaque euro versé pour l’aide. Je suis un grand défenseur de l’impact incroyable que peut obtenir l’investissement dans les vaccins et j’étais très heureux d’entendre le président appeler au maintien de l’engagement de la France dans le Fonds mondial, qui apporte des financements aux programmes de lutte contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme. La France peut être particulièrement fière de sa place importante au sein du Fonds mondial. Son aide apporte une vraie différence à des millions de vies dans le monde.
Le soutien de leaders comme le président Hollande est essentiel pour préserver ces investissements dans l’aide qui sauvent des vies et pour expliquer pourquoi maintenir l’objectif de l’UE, qui est de consacrer 0,7 % des budgets nationaux à l’aide internationale, est la bonne direction à suivre.
Bono a été très persuasif à propos de l’impact apporté par l’aide internationale, ainsi que les conséquences dévastatrices sur les pays pauvres que causerait son retrait, en Afrique en particulier.
J’ai été réellement satisfait de nos entrevues. Elles ont eu lieu dans un cadre spectaculaire (le Palais de l’Élysée est un exemple saisissant d’élégance et de décor à la française). Cependant, des deux côtés de la table, nous étions concentrés sur la pauvreté. C’est ce qui a fait de cette première journée en Europe une très bonne journée.